Bouslama CHAMAKH, Tunisie
KILLKA, Pérou
Marianne
BEREAU, France
La Galerie Pro Arte Kasper vous propose de débuter l'année
2005 par un voyage au-delà des frontières culturelles,
temporelles et formelles, à la découverte de trois
artistes dont les oeuvres sont présentées pour la
première fois sur ses cimaises.
Les toiles du peintre tunisien Bouslama Chamakh
mettent en scène une calligraphie plastique: images, formes
et symboles s'y organisent avec justesse pour suggérer des
temps immémoriaux et la richesse de la culture maghrébine.
L'artiste invite le visiteur dans un univers où alternent
transparences et opacités, où les couleurs se déclinent
du noir au blanc, en passant par la luminosité du turquoise
et la chaleur du rouge et du brun.
A première vue, on pourrait qualifier les peintures
de Killka d'abstraites. On y découvre pourtant
l’image fugitive d’un jaguar, d'une divinité,
on aperçoit des formes symboliques. De l’art contemporain,
on glisse dans l’univers de la culture andine, celle des Incas.
Eloy Quiroz Quispe, dit Killka, indigène métis péruvien,
s’est engagé dans la peinture comme d’autres
entrent en religion. Son objectif : mettre en valeur les traditions
sacrées de sa culture et les intégrer par sa technique
dans l’art universel. Ses tableaux, d’une qualité
picturale remarquable, font preuve d'une recherche chromatique minutieuse.
Alors que les couleurs dialoguent avec l’histoire, les tracés
géométriques de base que sont le cercle, le triangle
et le carré, évoquent la matrice iconographique des
Andes.
En intégrant à la toile, par la technique
du collage, partitions musicales et textes imprimés anciens,
Marianne Bereau parvient à une esthétique
aboutie de la composition. Déclinée à la manière
de Proust et de sa fameuse madeleine, avec sensibilité, raffinement
et délicatesse, son œuvre constitue une véritable
réflexion sur le temps et le souvenir, avec pour clé
de sol l'expression de son amour pour la musique. (C)